Libéré, le docteur Jerry Bitar, directeur de l’hôpital Bernard Mevs, retrouve les siens et ses patients

Le docteur Jerry Bitar a été libéré sans versement de rançon, a confié son jumeau le Dr Marlon Bitar, au Nouvelliste vendredi soir. « Nous sommes soulagés. Il a été libéré sans versement de rançon. Il n’a pas été brutalisé », a-t-il dit.

Le docteur Jerry Bitar avait été enlevé non loin de chez lui par des individus non identifiés, à Pèlerin 4, tôt dans la matinée du vendredi 27 mars 2020, avait appris le journal de collaborateurs et d’un membre de la famille du médecin.

Le Dr Jerry Bitar codirige avec son frère jumeau Marlon le centre hospitalier Bernard Mevs, un des plus importants hôpitaux d’Haïti. 

Sous le choc, un membre de la famille du Dr Bitar a fondu en larmes en confirmant les informations au journal.




Plusieurs employés de l’hôpital Bernard Mevs, hôpital de référence qui soigne indistinctement toutes les couches de la population, avaient confié leur stupéfaction et leur colère après l’enlèvement de ce médecin qui, avec son frère jumeau Marlon, ont bâti une réputation de grands serviteurs de la communauté.

« Nous avons décidé de fermer l’hôpital. Les patients déjà admis recevront des soins », avait assuré un membre du personnel qui a considéré le rapt du docteur Jerry Bitar comme un coup de massue pour le personnel qui se prépare à engager la bataille contre le Covid-19.

« Les activités ne reprendront pas tant que le Dr Bitar ne sera pas libéré », avait martelé une employée de l’hôpital Bernard Mevs interrogée en direct par Jean Chrisnold Prophète, reporter de radio Vision 2000.

L’enlèvement du Dr Jerry Bitar avait suscité émoi et colère dans toutes les classes de la population tant les deux frères, originaires du Cap-Haïtien, incarnent la médecine au service des personnes sans exception.

Cet énième kidnapping survient à un moment où le pays vit sous le spectre d’une pandémie, le Covid-19. 

Vendredi après-midi, le président Jovenel Moïse, lors d’une adresse à la nation, avait appelé les ravisseurs à libérer le Dr Jerry Bitar. «  Je vous demande de prendre conscience de votre acte. Le Dr Bitar est un général et un soldat de la lutte contre le coronavirus », avait fait savoir le président Moïse.

«  La police, la justice et toutes les forces du pays, mettez-vous au travail parce que la famille, les amis et la population haïtienne attendent le Dr Bitar », avait poursuivi le chef de l’Etat.

Un peu plus tôt, l’Association médicale haïtienne avait elle aussi exigé la libération  sans délai du Dr Jerry Bitar. Révulsé par cet enlèvement, le président de l’Association médicale haïtienne (AMH), Dr Jean Hugues Henrys, avait qualifié d’« inacceptable » l’enlèvement.

Joint par téléphone en milieu de journée, le président de l’AMH avait déclaré : « Cette plaisanterie a assez duré», soulignant que le pays a plus que jamais besoin de tous ses personnels médicaux pour faire face au coronavirus.  

Pour le Dr Jean Hugues Henrys, l’enlèvement de quel que soit le citoyen est un crime.n« Mais quand on kidnappe le directeur d’un des hôpitaux les plus appropriés à faire face aux urgences, quand on kidnappe le directeur d’un hôpital qui accepte de soigner des gens issus de toutes les couches sociales du pays y compris ceux qu’on traite de bandits…, je considère que c’est un crime contre le peuple haïtien », a dit le Dr Henrys.

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